Un accident de roadster d’apparence anodine, une portion de route fermée à la circulation pour un événement solidaire, un père qui emmène son fils de 13 ans faire un tour à Mommenheim, au nord de Strasbourg.
Dimanche 24 août, en milieu d’après-midi, la promenade vire au drame. Le véhicule à trois roues de type Vanderhall Venice quitte brutalement la chaussée et vient percuter un arbre, rue de Rome, dans la zone industrielle.
Le père, âgé de 46 ans, est éjecté lors de la collision et déclaré décédé sur place malgré l’intervention rapide des secours. L’adolescent, coincé dans l’habitacle broyé, est extrait en urgence par les sapeurs-pompiers, réanimé sur place, puis évacué en état critique vers le CHU de Hautepierre à Strasbourg.
Trois jours plus tard, mercredi 27 août, le décès du garçon est confirmé par le parquet de Strasbourg.
La tragédie familiale atteint alors son paroxysme : en 72 heures, une même famille perd un père et un enfant, sur une route pourtant fermée au trafic ordinaire, censée être sécurisée pour des animations à vocation caritative ;
Le choc dans la commune de Mommenheim est à la hauteur de la violence des faits.
Dans les discussions de café comme sur les réseaux sociaux, une même question revient : comment un engin de loisirs peut-il se transformer à ce point en machine à tuer, dans un contexte encadré, en plein après-midi, par beau temps et sur une portion théoriquement maîtrisée par les organisateurs ?
Ce drame interroge le rapport aux véhicules atypiques comme les roadsters à trois roues, les responsabilités respectives du conducteur, de l’organisateur et des pouvoirs publics, mais aussi la manière dont les passionnés perçoivent le risque lorsqu’ils s’éloignent du schéma classique “voiture fermée sur voie ouverte”. Il renvoie à d’autres dossiers déjà traités ici, qu’il s’agisse de la gestion du risque mécanique lors d’une reprogrammation moteur sur un véhicule sportif ou des conséquences concrètes d’une casse moteur sur une Porsche 911.
Sur le terrain, les mêmes mécanismes reviennent : sous-estimation du danger, confiance excessive dans la machine, pression de l’instant. Ce qui s’est joué à Mommenheim dépasse donc largement un simple fait divers.
- Deux victimes de la même famille, un père de 46 ans et son fils de 13 ans, décédés à 72 heures d’intervalle.
- Type de véhicule : roadster à trois roues Vanderhall Venice, puissant engin de loisir, ouvert, sans protections comparables à une voiture.
- Contexte : route fermée pour un événement solidaire, portion de la rue de Rome dans la zone industrielle de Mommenheim.
- Mécanique de l’accident : sortie de route brutale suivie d’un choc frontal contre un arbre, conducteur éjecté, passager incarcéré.
- Enjeu de fond : rapport au risque avec des véhicules atypiques, niveau de sécurité des manifestations, encadrement réglementaire et technique.
Accident de roadster à Mommenheim : déroulé précis et contexte de la collision
Pour comprendre ce qui s’est passé sur cette portion de route de Mommenheim, il faut reconstituer le fil des événements, minute par minute, et le replacer dans son contexte. Dimanche 24 août, vers 16 h, le père et son fils montent à bord d’un roadster Vanderhall Venice, un tricycle motorisé à deux places côte à côte, carrosserie très basse, center de gravité plutôt contenu, mais protection très limitée en cas de choc latéral ou frontal. La rue de Rome est fermée à la circulation dans le cadre d’animations liées à un événement solidaire. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un roulage sauvage, mais d’une activité qui s’inscrit dans un cadre reconnu.

Sur le terrain, ce genre de configuration crée un climat particulier. L’absence de circulation “classique” donne à beaucoup de conducteurs un sentiment de liberté supplémentaire. On se dit que le risque de croiser une voiture en face disparaît, que la chaussée est “pour soi”. Sur des engins nervurés comme un Vanderhall, avec un 4 cylindres généreux en couple, la tentation d’accélérer un peu plus que d’habitude est forte. Ce n’est pas propre à Mommenheim, on l’a vu dans d’autres manifestations mécaniques, y compris sur des axes habituellement fréquentés, comme on en parle souvent à propos des fermetures ponctuelles d’autoroutes pour tournages ou événements, à l’image des polémiques autour d’une fermeture annoncée de l’A9 évoquée dans notre page sur l’autoroute A9 fermée.
Dans cette configuration, la perte de contrôle intervient alors que le roadster circule sur une portion rectiligne ou légèrement courbe, rue de Rome. Les premiers éléments publiés indiquent une sortie de route suivie d’un impact violent contre un arbre en bordure. L’absence de rails de sécurité à cet endroit laisse le véhicule encaisser la totalité du choc, sans amortisseur intermédiaire. Le père, qui conduit, est éjecté. Ce détail technique raconte quelque chose : soit la ceinture n’était pas bouclée, soit la structure ouverte de l’engin, combinée à la cinématique du choc, a projeté le corps hors de l’habitacle malgré le dispositif de retenue.
Le fils, lui, reste coincé dans le roadster broyé. Pour les sapeurs-pompiers, cela signifie désincarcération lourde, gestes de réanimation sur place, puis transfert vers le CHU de Hautepierre. L’état est décrit comme une urgence absolue, ce qui implique un pronostic vital engagé dès les premières minutes. Quiconque a déjà vu un tricycle routier accidenté sait à quel point l’absence de cellule fermée multiplie la gravité des traumatismes. La mécanique de la collision ne pardonne pas : choc contre un obstacle fixe, vitesse suffisante pour déformer complètement la structure, dissipation de l’énergie cinétique dans les corps des occupants.
Tiens, un détail mérite d’être relevé : l’événement se déroule sur une route fermée, ce qui implique normalement des consignes, un repérage, parfois même un règlement signé par les participants. On n’est pas sur un circuit avec dégagements en gravier et rails étudiés, mais la logique de base reste la même. Dans un contexte circuit, la moindre activité qui permet à des amateurs de prendre le volant d’engins puissants impose casque, briefing sécurité, parfois combinaison. Là, on est manifestement sur un compromis : un environnement partiellement maîtrisé, mais un niveau d’exigence sécurité qui n’a rien à voir avec celui du sport auto.
Vous voyez où ça mène. On se retrouve avec des engins affichant souvent plus de 170 km/h en pointe, voire davantage selon la configuration moteur, sur des routes industrielles pensées pour du trafic poids lourd, pas pour des trajectoires sportives. Le jour où ça se passe bien, tout le monde repart avec des souvenirs et des vidéos. Le jour où la trajectoire se ferme un peu trop vite, cela donne un doublé décès dans la même famille, comme à Mommenheim. Ce premier niveau de lecture pose déjà le décor pour comprendre les enjeux techniques et humains que soulève ce dossier.

Roadster à trois roues Vanderhall Venice : caractéristiques et risques spécifiques mis en lumière par la tragédie
Parlons maintenant du véhicule lui-même, car ce n’est pas une citadine lambda ni un simple scooter. Le Vanderhall Venice est un roadster à trois roues, deux roues à l’avant, une à l’arrière, architecture qui s’apparente plus à une voiture qu’à une moto en termes de position de conduite, mais qui, en dynamique, reste un compromis. Châssis tubulaire ou monocoque en matériaux légers, moteur suralimenté dans bien des versions, poids contenu, tout pour offrir des relances franches et une sensation de pilotage “à l’air libre”. Sur le papier, cela coche la case plaisir.
Côté sécurité passive, le tableau est moins flatteur. Pas de toit, pas de montants de pare-brise dimensionnés comme sur un cabriolet homologué, pas de structure multi-airbags comme dans une compacte moderne. L’engin dispose de ceintures, de sièges à dossier renforcé, parfois d’un arceau discret, mais on reste loin des standards d’un coupé routier. Concrètement, ça donne quoi lors d’une sortie de route frontale contre un arbre, comme à Mommenheim ? L’absence de zone de déformation généreuse à l’avant fait que la cellule des occupants se trouve vite menacée. Et si l’obstacle est fixe et rigide, une partie de l’énergie du choc se retrouve directement transmise aux corps.
Pour être honnête, le risque n’est pas nouveau. D’expérience, en concession, on a déjà vu les conséquences d’accidents en Lotus Seven, Caterham, Ariel Atom. L’histoire se répète : au moindre choc sérieux, même à des vitesses qui seraient gérables pour une berline, les dégâts corporels sont massifs. Le Vanderhall, lui, ajoute une particularité : l’unique roue arrière. En cas de transfert de masse brutal (changement d’appui, freinage appuyé en courbe, dévers), la limite d’adhérence se franchit plus vite qu’avec quatre pneus. Une fois le décrochage engagé, la marge pour rattraper reste mince, surtout pour un conducteur peu familier de ce type d’engin.
On pourrait objecter que l’engin est homologué et que de tels accidents restent rares. C’est vrai numériquement, mais la rareté ne suffit pas comme argument quand la conséquence est la mort quasi instantanée d’un adulte et, trois jours plus tard, le décès de son enfant. Mon avis sec : ces roadsters à trois roues exigent un niveau de discipline et de conscience du risque proche d’une moto sportive, pas d’un cabriolet loisir. Le problème, c’est que la posture “assis côte à côte avec un volant” brouille ce référentiel. Beaucoup ont l’impression de conduire “une petite voiture sympa”, alors que mécaniquement, on se rapproche davantage d’un gros quad routier en termes de vulnérabilité.
Dans le cas de Mommenheim, la configuration ouverte a pesé lourd sur l’issue. Le père, éjecté, meurt sur le coup. Le fils, lui, reste coincé, ce qui montre que suivant l’angle et la séquence du choc, l’un est projeté, l’autre pas. Ce que personne ne vous dit assez clairement lors de la livraison de ce genre de véhicule, c’est que l’absence de cage rigide oblige à compenser autrement : discipline sur le port d’équipements (casque, gants, voire blouson renforcé, même si la loi ne l’exige pas toujours), gestion des conditions météo, manière de freiner, manière d’entrer en courbe.
Pour vous donner un ordre d’idée, un Vanderhall Venice propulsé peut passer de 0 à 100 km/h dans un temps proche de celui d’une compacte sportive moderne. Mais contrairement à une compacte sportive, l’ABS et l’ESP, même présents, n’ont pas le même champ d’action avec une seule roue motrice arrière. Le logiciel ne peut pas inventer de l’adhérence. Et par construction, la stabilité au freinage dépend beaucoup de la répartition des masses et de la qualité des pneus. Quand on sait à quel point une simple pression de pneus mal ajustée peut modifier l’équilibre d’une voiture, on mesure ce que cela donne sur un engin aussi léger. D’ailleurs, pour ceux qui sous-estiment ce point, la conversion précise des pressions en bars/psi et leur contrôle régulier, comme détaillé sur notre guide psi / bar pneus auto et moto, n’est pas un gadget.
Bref, la tragédie de Mommenheim révèle une chose très simple : la ligne entre “engin de loisir original” et “machine hautement vulnérable au moindre écart” est plus fine qu’on ne le croit. Ce n’est pas un plaidoyer pour l’interdiction de ces véhicules. C’est un rappel net que ceux qui montent à bord, surtout avec un enfant, devraient aborder chaque sortie comme on aborde une session piste en moto : lucidité, marge, anticipation.
Cette première vidéo type permet en général de visualiser concrètement le comportement de ce genre de tricycle lors de manœuvres d’évitement ou de freinages d’urgence, bien au-delà des brochures flatteuses.
Responsabilités, encadrement des événements et questions juridiques après le décès du père et du fils
Une fois l’émotion passée, vient forcément le temps des responsabilités. À Mommenheim, trois niveaux se superposent : le conducteur, l’organisateur de l’événement, et la collectivité qui a autorisé la fermeture de la rue de Rome. Chacun a un rôle, et le droit routier comme le droit pénal ne mélangent normalement pas tout dans un seul paquet. Le conducteur, d’abord, reste légalement aux commandes du véhicule. Sauf défaillance mécanique avérée, c’est lui qui maîtrise (ou pas) la vitesse, la trajectoire, la façon d’exploiter la route fermée. Le fait qu’il fasse partie des victimes ne supprime pas complètement cette responsabilité, mais modifie la manière dont la justice la traite.
Ensuite, l’organisateur. Qui a mis en place l’événement solidaire ? Quel était le cahier des charges de sécurité ? Y avait-il un règlement écrit, une assurance spécifique, une limitation de vitesse recommandée, des commissaires de route ? Ce sont des questions que les magistrats du parquet de Strasbourg ne manqueront pas de poser. Soit dit en passant, dès qu’un événement mêle public, routes fermées et engins motorisés, les organisateurs entrent dans une zone de risque juridique élevée. La jurisprudence sur les rallyes de démonstration ou sur certaines montées historiques est claire : en cas de manquement avéré aux règles de prudence, la responsabilité pénale de l’association ou de la société organisatrice peut être engagée.
Enfin, la collectivité. La commune et, le cas échéant, les services du département ou de la préfecture, qui ont autorisé et encadré la fermeture de cette portion de Mommenheim. On peut difficilement exiger des élus qu’ils prévoient chaque sortie de route, mais ils doivent s’assurer que l’organisation tient la route : plans de circulation, barrières, dispositifs de secours prévus, vérification des assurances. Dans ce type de drame, l’enquête vise à déterminer si l’accident relève d’un enchaînement malheureux dans un cadre correctement préparé, ou si des négligences ont créé un contexte propice au pire.
Concrètement, ça peut déboucher sur quoi ? Dans les cas les plus graves, des poursuites pour homicide involontaire, avec recherche d’une faute caractérisée, au sens où la loi l’entend. Typiquement, si on constate que des tours de démonstration étaient réalisés avec des mineurs à bord, sans casque, dans des engins puissants, sans encadrement clair, et à une allure manifestement inadaptée à la configuration du site, certains magistrats peuvent considérer que le risque mortel était tout sauf théorique. L’écart entre ce qui aurait dû être mis en place et ce qui l’a été réellement devient alors un point d’appui.
Au-delà de la case tribunal, il reste la question des indemnisations pour les proches. Assurances de responsabilité civile, garanties spécifiques souscrites par l’organisateur, éventuelles clauses d’exclusion liées à un usage sportif ou non prévu du véhicule : tout sera scruté ligne par ligne. Dans des dossiers voisins, on a déjà vu des familles confrontées à des clauses difficiles à avaler, surtout lorsque le conducteur décédé est aussi le parent. Elles doivent se lancer dans des procédures longues pour obtenir une reconnaissance de leur préjudice. Pas envie de vous mentir : pour beaucoup, c’est un second calvaire après le deuil.
Dans ce genre de dossier, le raisonnement juridique croise vite la réalité très concrète des pratiques sur le terrain. On sait que lors de certains événements caritatifs, la frontière entre “tour tranquille pour faire plaisir à des enfants” et “démonstration en mode show” est floue. À Mommenheim, l’accident a fauché ceux qui étaient dans le véhicule, pas des spectateurs. Cela change un peu la grille de lecture, mais pas la question de fond : comment encadrer sérieusement des activités mécaniques sans les vider de leur substance, tout en protégeant ceux qui montent à bord, surtout lorsqu’il s’agit d’un parent et de son enfant ?
Les débats filmés autour d’autres affaires routières illustrent généralement comment juges, avocats et experts techniques analysent ce type de configuration, avec un prisme qui pourrait bien s’appliquer, un jour, à la tragédie de Mommenheim.
Impact humain et psychologique pour la famille et la communauté de Mommenheim
On parle beaucoup de mécanique, de responsabilité, mais ce serait une erreur de réduire cet accident à une suite de rapports d’expertise. À Mommenheim, la perte d’un père et de son fils de 13 ans, en si peu de temps, laisse un vide tangible. Pour la famille, d’abord : conjoint, frères, sœurs, grands-parents. Le scénario est particulièrement violent. Le dimanche, on apprend le décès du conducteur. On se raccroche alors au fil fragile de la réanimation de l’adolescent, parti en hélicoptère ou en ambulance médicalisée vers le CHU de Hautepierre. Pendant trois jours, la famille vit à l’hôpital, suspendue aux nouvelles des équipes médicales. Puis le mercredi, la nouvelle tombe, irrévocable.
Psychologiquement, ce type de double choc multiplie les risques de traumatisme durable. Les cellules d’urgence médico-psychologique ont été conçues pour ces situations. Elles interviennent auprès des proches, mais aussi des témoins directs de la scène. À Mommenheim, certains habitants, des bénévoles de l’événement solidaire, des enfants présents sur place, ont vu l’engin fracassé contre l’arbre, entendu les manœuvres de réanimation, parfois même participé aux premiers gestes de secours. Pour beaucoup, ces images restent imprimées longtemps, avec un mélange de culpabilité (“aurait-on pu faire plus vite ?”), d’effroi et d’incompréhension.
Au niveau de la commune, un tel drame laisse des traces dans la durée. Les élus sont interpellés, les organisateurs questionnés, certains habitants réclament la fin pure et simple de toute animation motorisée sur la voie publique. D’autres rappellent tout ce que ces événements apportent en termes de cohésion locale, de collecte de fonds. La discussion peut vite se tendre, entre ceux qui mettent en avant la mémoire des victimes pour exiger un virage radical, et ceux qui craignent l’arrêt brut de toute manifestation mécanique. D’instinct, ces positionnements sont tous compréhensibles, mais ils peuvent fracturer une petite ville déjà secouée.
La symbolique de la relation père/fils pèse lourd. Un adulte qui partage sa passion avec un adolescent, c’est un scénario que beaucoup de passionnés d’auto ou de moto connaissent bien. Certains ont démarré comme ça : un tour de circuit, une montée en passager sur une spéciale de rallye, un baptême en ancienne. Quand cette transmission se termine par un double décès, cela vient bousculer profondément l’image rassurante qu’on se fait de ces moments-là. Beaucoup de pères se retrouvent à reconsidérer le type d’activités qu’ils proposent à leurs enfants, questionnant le seuil acceptable de risque partagé.
Pour replacer ce drame dans un paysage plus large, on peut le comparer à ce qui se passe sur circuit. Sur les grandes épreuves comme Le Mans ou les meetings d’endurance modernes, qu’on détaille par exemple dans notre analyse des résultats des 24 Heures du Mans 2025, la sécurité a considérablement évolué : dégagements, barrières spécifiques, cellules de survie, protocoles médicaux. Pourtant, malgré ces progrès, le sport auto reste parfois endeuillé. À Mommenheim, on a un niveau d’encadrement infiniment plus artisanal, avec une machine moins protectrice, pour une activité présentée comme un simple “tour de roadster”. Psychologiquement, le contraste est violent.
Soit dit en passant, l’impact s’étend aussi aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux équipes hospitalières. Ceux qui interviennent sur les lieux récupèrent des scènes rarement montrées au grand public, avec des véhicules disloqués et des familles en état de sidération. Beaucoup de professionnels du secours racontent à quel point les accidents impliquant des enfants les marquent plus que d’autres. Dans un cas comme celui de Mommenheim, l’enchaînement des décès du père et du fils ajoute une couche morale brutale au dossier. On ne sort pas indemne d’une gardée comme celle-là, même avec des années d’expérience.
Sur le long terme, un drame pareil laisse derrière lui des commémorations, des plaques, parfois une modification physique du lieu de l’accident. Il n’est pas rare qu’un arbre frappé par un véhicule devienne un point de mémoire, avec des fleurs, des bougies. Rue de Rome, à Mommenheim, il y a fort à parier que le site de la collision restera longtemps associé, pour les habitants, à cette journée d’août où un engin de loisir a brisé deux vies liées par un lien filial. C’est souvent à partir de cette empreinte émotionnelle que se jouent les débats futurs sur ce que la commune accepte ou non de revoir sur ses routes.
Prévention, enseignements techniques et bonnes pratiques après un drame de ce type
Une fois les faits établis et la dimension humaine reconnue, il reste une question brutale mais nécessaire : comment éviter qu’une autre famille vive la même chose sur une route de zone industrielle ou ailleurs ? Les réponses ne passeront jamais par une seule mesure miracle. Par contre, on peut isoler quelques axes concrets, fondés sur ce que l’on sait des roadsters à trois roues, des événements sur voies fermées et, plus largement, des pratiques à risque observées autour de ces engins atypiques.
Premier axe : le niveau de formation et de sensibilisation des conducteurs. Monter dans un Vanderhall Venice juste parce qu’on sait conduire une citadine automatique, c’est comme se lancer sur piste en Ducati hypersportive juste parce qu’on a le permis A. Techniquement, c’est autorisé. Concrètement, c’est une mauvaise idée. Mon avis sec : tout conducteur qui envisage de transporter un enfant dans ce genre d’engin devrait, au minimum, suivre une demi-journée de roulage encadré, type formation spécifique, où l’on explore freinage d’urgence, évitement, comportement en cas de dévers. Pas un stage gadget, un vrai travail de prise de conscience.
Deuxième axe : la rigueur sur l’état du véhicule. Pneus, freins, serrage des éléments de suspension, réglage de la géométrie. Sur des engins aussi légers, un simple pneu sous-gonflé ou une géométrie approximative peut suffire à déclencher un décrochage inattendu en appui. Un contrôle technique adapté aux tricycles routiers, dans l’esprit de ce qui se met progressivement en place pour les deux-roues motorisés et qu’on détaille dans notre dossier sur le contrôle technique moto, apporterait un cadre plus sérieux. Là encore, l’enjeu n’est pas de rajouter une couche administrative pour le plaisir, mais de s’assurer que la base mécanique ne trahit pas au premier gros freinage.
Troisième axe : les règles des événements. Sur une route fermée, la tentation est grande de laisser les choses s’organiser “entre passionnés”. C’est le meilleur moyen de reproduire un scénario comme celui de Mommenheim. Si on veut que ce type d’animation survive, il va falloir accepter quelques contraintes de plus : limitation claire de la vitesse, obligation de casque pour les occupants des engins ouverts, tri sur le niveau d’expérience des conducteurs, encadrement par des personnes formées. Pas forcément besoin d’un régiment de commissaires, mais d’une structure minimale qui ne laisse pas un père et son fils prendre la route comme si c’était une balade de village.
Pour clarifier les rôles de chacun et les points critiques, on peut résumer les leviers possibles dans un tableau simple.
| Acteur | Responsabilités concrètes | Mesures de prévention recommandées |
|---|---|---|
| Conducteur du roadster | Maîtrise de la vitesse, respect des consignes, choix du passager (adulte / enfant) | Formation spécifique, équipement renforcé, limitation personnelle de la prise de risque |
| Organisateur de l’événement | Définition du parcours, encadrement, assurance, sélection des véhicules admis | Règlement écrit, briefing obligatoire, contrôle visuel des engins, commissaires sur la zone |
| Collectivité / autorités | Autorisation de fermeture de route, contrôle des dispositifs de sécurité | Cahier des charges clair, vérification préalable, limitation du type d’activités autorisées |
| Constructeur / importateur | Information sur les risques, notices, recommandations d’usage | Messages de sécurité renforcés, éventuelles formations clients, communication transparente |
Au-delà de ce schéma, il reste tous les petits gestes individuels qui réduisent le risque sans faire la une. Choisir soigneusement la météo (éviter pluie et vent latéral fort), adapter la pression des pneus au type de roulage, refuser poliment de prendre un passager si l’on sent que les conditions ne sont pas réunies. Sur la route ouverte, beaucoup de motards appliquent déjà cette discipline. Sur une route fermée pour événement, on la retrouve moins, alors que la mécanique du danger reste la même.
En gros, la leçon technique de la tragédie de Mommenheim tient en une phrase : dès qu’on sort des formats de véhicules courants, il faut surcompenser sur la préparation et la lucidité. Un roadster à trois roues n’est ni un jouet ni un gadget marketing pour promenade de village. C’est un engin qui exige d’être pris au sérieux, exactement pour éviter qu’un simple tour de quartier se termine, comme ce 24 août, par deux vies brisées sur un arbre, au bout d’une rue industrielle baptisée rue de Rome.
Quel type de véhicule était impliqué dans l’accident de roadster à Mommenheim ?
L’accident survenu à Mommenheim impliquait un roadster à trois roues de type Vanderhall Venice. Il s’agit d’un tricycle motorisé avec deux roues à l’avant et une à l’arrière, doté d’un moteur puissant, d’une carrosserie très basse et d’une structure ouverte, sans toit ni cellule de survie comparable à une voiture classique.
Dans quel contexte la collision mortelle a-t-elle eu lieu ?
Le père et son fils circulaient sur une portion de la rue de Rome, dans la zone industrielle de Mommenheim, fermée à la circulation pour des animations liées à un événement solidaire. Malgré cette fermeture, le roadster a quitté la chaussée et a violemment percuté un arbre en bordure de route.
Quelles ont été les conséquences immédiates pour le père et le fils ?
Le conducteur, âgé de 46 ans, a été éjecté lors du choc et déclaré décédé sur place par les secours. Son fils, 13 ans, est resté incarcéré dans le véhicule, a nécessité une désincarcération et des manœuvres de réanimation, puis a été transporté en urgence absolue au CHU de Hautepierre à Strasbourg. Il est décédé trois jours plus tard des suites de ses blessures.
Pourquoi ce type de roadster est-il particulièrement exposé en cas de sortie de route ?
Les roadsters à trois roues comme le Vanderhall Venice offrent peu de protection passive : pas de toit, peu de zones de déformation, structure légère. En cas de choc contre un obstacle fixe, l’énergie de l’impact est moins absorbée par la carrosserie qu’avec une voiture fermée. La configuration à une seule roue arrière peut aussi rendre l’engin plus délicat à contrôler en cas de freinage appuyé ou de changement brutal d’appui.
Quelles mesures de prévention sont envisageables pour éviter un drame similaire ?
Plusieurs leviers existent : formation spécifique des conducteurs à ce type d’engin, vérification rigoureuse de l’état mécanique (pneus, freins, géométrie), règles plus strictes pour les événements sur routes fermées (briefings, limitation de vitesse, équipement obligatoire pour les occupants), et information plus claire du public sur les risques liés aux véhicules ouverts à trois roues, surtout lorsqu’un enfant prend place à bord.



