Ferrari qui gagne au Mans pour la troisième fois de suite, une équipe cliente devant les usines, une Porsche revenue de loin échouant à 14,084 secondes, 332 000 spectateurs entassés autour du circuit de la Sarthe et un Robert Kubica qui complète enfin son histoire avec l’endurance après son accident de rallye de 2011 : l’édition 2025 des 24h du Mans n’a pas livré une simple course auto, mais un condensé de tout ce qui fait le charme toxique de cette épreuve. Les chiffres sont froids sur le papier, 387 tours parcourus, 24 h 02 min 53 s 332 pour la Ferrari 499P n°83, mais derrière ce chrono se cache une bataille stratégique permanente entre hypercars hybrides, LMDh et LMH, avec des coups de poker sous safety car et des erreurs payées cash à 3 h du matin.
Sur le terrain, ce cru 2025 a aussi confirmé une tendance lourde : en Hypercar, la hiérarchie usine vs clients n’existe plus vraiment. AF Corse fait tomber le mythe en plaçant sa n°83 devant la Porsche Penske n°6 pourtant armée jusqu’aux dents. Ferrari, Porsche, Cadillac, Toyota, Alpine, Peugeot, BMW, Aston Martin… la grille ressemble désormais à un musée vivant des voitures de course modernes, mais sans vitrine entre elles et vous. Côté catégories, la LMP2 signe encore une course dense, avec une Inter Europol n°43 qui gère mieux ses relais que les autres, pendant que la LMGT3 offre un mano a mano propre entre Porsche, Ferrari et Corvette. Pour un passionné qui suit déjà des épreuves comme le Bol d’Or au Castellet, Le Mans reste le point culminant du calendrier.
- Victoire générale pour la Ferrari 499P AF Corse n°83 (Kubica / Ye / Hanson) au terme de 387 tours, devant la Porsche Penske n°6.
- Classement Hypercar resserré, avec les 4 premiers dans le même tour et une Ferrari d’usine n°50 disqualifiée après l’arrivée.
- Résultats par catégorie marquants : Inter Europol n°43 en LMP2, Manthey 1st Phorm n°92 en LMGT3.
- Déroulé de la course rythmé par des safety cars, un tête-à-queue clé de la Ferrari n°51 et une remontée tardive de la Porsche n°6.
- Enjeux techniques autour de la BoP, des pneus Michelin et de la cohabitation LMH / LMDh sur cette édition 2025.
- Ambiance et support races animées par le Mustang Challenge, le Road to Le Mans et un Village H2 tourné vers l’hydrogène.
24h du Mans 2025 : classement général et hiérarchie des forces
Le classement brut de ces 24h du Mans 2025 raconte déjà une histoire assez claire : Ferrari garde la main, Porsche est revenue très fort avec la 963, Toyota n’est plus seul maître à bord, et les acteurs « nationaux » comme Alpine et Peugeot sauvent surtout l’image. En chiffres, la Ferrari 499P AF Corse n°83 boucle 387 tours, autant que la Porsche Penske n°6 et la Ferrari d’usine n°51, mais avec ces quelques secondes qui font toute la différence sur une course auto de 24 heures.
Derrière, la Cadillac V-Series.R n°12 d’Hertz Team Jota termine également à 387 tours, à un peu plus de deux minutes. Ensuite seulement arrivent les Toyota GR010 Hybrid n°7 et Porsche 963 n°5, à un tour, puis la Cadillac n°38 et la Porsche n°4, elles aussi à un tour. Autrement dit, huit hypercars dans le même tour ou à un tour, ce qui, pour une course d’endurance de cette durée, montre à quel point la BoP a serré les écarts. Les Alpine A424 n°35 et 36, la Peugeot 9X8 n°94 et la toute nouvelle Aston Martin Valkyrie LMH complètent le top 12 hypercar.
En LMP2, les chiffres sont plus lisibles : l’Oreca 07 Inter Europol n°43 s’impose avec 367 tours, devant la Panis Racing n°48 à la même distance et la AO by TF n°199 un tour plus loin. La vraie leçon se situe dans la constance des temps et la gestion des relayeurs, Schmiechowski, Dillmann et Yelloly ayant su garder un rythme propre sans exposer la voiture. Sur une Oreca 07, on sait que la base est saine, l’écart se joue donc sur la rigueur des arrêts, la capacité à garder les mêmes pneus un relais de plus, et la discipline dans le trafic hypercar.
Côté LMGT3, la victoire de la Porsche 911 GT3 R Manthey 1st Phorm n°92 est loin d’être un hasard. Hardwick, Pera et Lietz signent 341 tours, soit 46 tours de moins que la Ferrari de tête au général, ce qui reste honorable pour des GT3 bridées en vitesse de pointe. Juste derrière, l’on retrouve la Ferrari 296 GT3 Vista AF Corse n°21 et la Corvette Z06 GT3.R TF Sport n°81. Là encore, trois constructeurs différents sur le podium, et des écarts serrés sur la durée, ce qui confirme le bon réglage de la catégorie pour Le Mans.
Pour vous donner un ordre d’idée, le tableau ci-dessous résume les positions clés en haut de classement, histoire de visualiser rapidement qui a fait quoi dans cette édition 2025 :
| Pos | Classe | N° | Écurie / Modèle | Pilotes principaux | Tours | Écart |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Hypercar | 83 | AF Corse Ferrari 499P | Kubica / Ye / Hanson | 387 | – |
| 2 | Hypercar | 6 | Porsche Penske 963 | Estre / Vanthoor / Campbell | 387 | +14,084 s |
| 3 | Hypercar | 51 | Ferrari 499P (usine) | Pier Guidi / Calado / Giovinazzi | 387 | +28,487 s |
| 1 | LMP2 | 43 | Inter Europol Oreca 07 | Śmiechowski / Dillmann / Yelloly | 367 | +20 tours |
| 1 | LMGT3 | 92 | Manthey 1st Phorm Porsche 911 GT3 R | Hardwick / Pera / Lietz | 341 | +46 tours |
Mon avis sec : cette feuille de résultats confirme que les hypercars clients peuvent gagner sur la durée, et pas seulement jouer le podium à la faveur des circonstances. Pour les fans de Porsche, c’est aussi une validation de la 963, dont j’ai déjà détaillé le niveau dans une analyse dédiée à la place de la Porsche 963 au sommet de l’endurance. D’ailleurs, pour qui suit l’histoire longue de la marque au Mans depuis les 908, le retour au contact de Ferrari donne une saveur presque rétro à ce duel.

Pour finir sur cette partie, difficile de ne pas souligner la disqualification de la Ferrari n°50, qui rappelle que, même avec un package usine, un détail technique sur l’aileron arrière peut faire perdre un podium sur tapis vert.
Résultats par catégorie : Hypercar, LMP2, LMGT3 sous la loupe
En Hypercar, la confrontation LMH / LMDh était scrutée de près sur cette édition 2025. Concrètement, ça donne quoi ? Un podium 100 % LMH Ferrari-Ferrari devant une LMDh Porsche 963, mais avec la Cadillac V-Series.R Jota n°12 en embuscade. Sur le terrain, la vraie clé n’a pas été la puissance brute, mais la manière dont chaque voiture exploitait les pneus Michelin sur les longs relais de nuit. La Ferrari 499P, avec son V6 bi-turbo hybride, a montré une très bonne stabilité de température et une capacité à maintenir un rythme constant sans dégrader trop vite ses gommes.
La Porsche 963, elle, a souvent été la plus rapide en rythme pur, comme l’a prouvé le meilleur temps de Jaminet en essais (3:24.717), mais a payé quelques choix de pression un peu agressifs lors des premiers relais. Ce n’est pas un hasard si la n°5 finit certes dans le tour du leader, mais derrière la n°6 mieux exploitée sur la durée. Soit dit en passant, on retrouve ici une vieille histoire chez Porsche : un châssis capable d’encaisser, mais qui réclame un réglage fin pour ne pas « manger » trop vite l’avant. Les préparateurs privés qui bossent sur les GT3 clientes vous diraient exactement la même chose.
En LMP2, tous les châssis étant des Oreca 07 avec moteur Gibson, la différence vient surtout du niveau des pilotes et de la discipline stratégique. L’Inter Europol n°43 n’a pas été la plus flamboyante en qualif, mais elle a évité les pièges classiques : pas de stop-and-go, pas de roue perdue, pas de sortie dans les Esses. Quand on voit l’IDEC n°28 abandonner après avoir justement perdu une roue, on comprend vite l’écart à l’arrivée. D’expérience, sur ce type de voiture, un contact léger peut suffire à fragiliser un moyeu, et si on ne le contrôle pas dans le garage au bon moment, la facture explose quelques heures plus tard.
Côté LMGT3, l’homologation récente de ces voitures GT3 pour Le Mans a fait craindre une course hachée. Au final, la Manthey 1st Phorm n°92 a mené la catégorie avec une propreté quasi clinique. Le choix de partir sur un set-up un peu conservateur, notamment sur la hauteur de caisse, lui a sans doute fait perdre quelques km/h dans la ligne droite des Hunaudières, mais lui a rendu de la stabilité dans les parties bosselées. La Corvette n°33, qui finit plus loin après sa sortie, illustre parfaitement l’inverse : plus agressive, plus piégeuse sur les vibreurs, et punie à la moindre approximation.
Mon avis sec sur l’équilibre des catégories : cette édition 2025 est probablement l’une des plus homogènes depuis l’arrivée de la génération Hypercar. Les LMP2 restent des vraies écoles de pilotage et de stratégie, mais le centre de gravité de l’intérêt sportif est désormais clairement sur l’Hypercar, où chaque marque vient surtout défendre son image mondiale. En LMGT3, les écarts de performance entre modèles restent raisonnables, ce qui laisse au moins à chaque constructeur une chance réaliste de jouer le podium.
Pour un lecteur qui suit aussi l’histoire longue de la discipline, impossible de ne pas faire le parallèle avec les grandes années des protos Porsche 908 ou 917. L’esprit a changé, la réglementation aussi, mais la logique reste la même : gagner au Mans, c’est étalonner toute sa gamme sportive devant le reste du monde.
Déroulé de la course auto : des premières heures à l’arrivée
Le déroulé de ces 24h du Mans 2025 vaut qu’on le déroule calmement, parce que le scénario ne se résume pas à « Ferrari devant, Porsche derrière ». Le départ, donné à 16 h par Roger Federer sous un ciel sec, a vu la Porsche Penske n°5 prendre rapidement les commandes. Stratégie assez classique : pneus neufs, pilote rapide, réservoir plein, on montre les muscles sur les deux premières heures pour obliger les autres à sortir de leur plan. Les Ferrari 499P n°50, 51 et 83 prennent leur temps pour se mettre en place, gardant un rythme un peu en retrait, mais sans jamais se laisser décrocher.
Vers la septième heure, la n°83 AF Corse s’installe en tête à la faveur d’un enchaînement de ravitaillements et d’un rythme régulier de Kubica et Ye. Pendant ce temps, une collision entre l’Alpine n°35 et la Peugeot 9X8 n°94 à Mulsanne pimente la première nuit. Alpine écope d’un drive-through, ce qui casse une partie de sa dynamique, même si les A424 resteront dans le top 10. La Corvette n°33 en LMGT3, elle, part à la faute et perd deux tours, ce qui la met hors course pour la victoire de catégorie.
Aux alentours de la mi-course, Toyota pointe brièvement en tête grâce à la régularité de la GR010 Hybrid n°7, mais l’impression visuelle reste la même : les Ferrari contrôlent. L’Hyperpole de la veille avait déjà montré une 499P facile à placer sur les freins, et cette faculté à limiter l’usure des pneus dans les zones de gros freinages comme Mulsanne ou Indianapolis se confirme. La Porsche n°6, longtemps engluée derrière, entame alors une remontée méthodique depuis l’arrière du peloton.
Moment clé : autour de l’heure 14, une relance sous safety car redistribue les cartes. La Porsche n°6 se retrouve devant à la faveur des arrêts, mais le peloton Ferrari encadre rapidement la 963. Sur le terrain, ce qui se passe est assez simple : Estre et Vanthoor exploitent tout le grip disponible, mais les Ferrari peuvent rester plus longtemps en piste sur un même train de pneus sans perdre plus de 2 à 3 dixièmes au tour, ce qui finit par compter sur la durée.
L’épisode le plus marquant survient autour de l’heure 20 : la Ferrari d’usine n°51, alors en tête, part en tête-à-queue dans la chicane du virage des stands. Erreur humaine, sur-pilotage, fatigue ? Peu importe, le résultat est immédiat : la n°83 repasse devant et ne lâchera plus la première place. Au passage, cette faute rappelle que, même au plus haut niveau, sur 24 heures, personne n’est à l’abri d’un blocage de roue mal géré ou d’un freinage un peu trop optimiste sur piste légèrement évolutive.
Dans les deux dernières heures, la Porsche 963 n°6 donne tout. Les temps au tour parlent : la 963 est souvent deux à trois dixièmes plus rapide que la Ferrari 83, mais cet écart, sur un relais, ne suffit pas pour combler un déficit construit sur la stratégie globale. Résultat, l’écart final de 14,084 secondes ressemble presque à une formalité, mais il masque une pression constante jusque dans les derniers tours, avec des dépassements de retardataires qui auraient pu tourner au drame à n’importe quel moment.
En résumé, cette course n’a pas été un one-man show, mais une bataille d’usure où chaque erreur s’est payée soit par une pénalité, soit par un tête-à-queue, soit par un abandon mécanique. Pour qui suit l’endurance, c’est exactement le type de scénario qui garde les yeux sur le live timing jusqu’au dernier tour.
Pilotes, chronos et faits marquants de l’édition 2025
Parler des pilotes sur ces 24h du Mans 2025, c’est d’abord s’arrêter sur Robert Kubica. Sa victoire avec la Ferrari 499P AF Corse n°83 n’est pas seulement un joli story-telling, c’est aussi une démonstration de gestion du trafic et de lucidité. Kubica a multiplié les relais sans erreur notable, avec des vitesses moyennes constantes, et une capacité rare à gérer les dépassements de LMGT3 dans la partie sinueuse du circuit. Pour quelqu’un qui a déjà roulé sur des circuits urbains piégeux, ce genre d’aisance n’étonnera pas, mais sur 24 heures, c’est autre chose.
Ye Yifei et Phil Hanson ne sont pas en reste. Le premier confirme qu’il fait partie de cette génération chinoise qui arrive en Europe par la porte de l’endurance, le second apporte une expérience solide de WEC et d’ELMS. Du côté de Porsche, Estre et Vanthoor ont, une fois de plus, livré des relais au couteau, habitués qu’ils sont aux bagarres en GT3 et GTE. Matt Campbell, plus discret dans la communication, a pourtant joué un rôle clé dans la stabilisation de la voiture en milieu de course.
En LMP2, Tom Dillmann et Nick Yelloly chez Inter Europol ont montré ce que vaut un duo équilibré pro / pro derrière le volant d’une même Oreca. Dillmann, qu’on voit souvent cité comme polyvalent entre Formule E, protos et essais, a encore rappelé sa capacité à développer un set-up qui marche sur la durée. En GT, Riccardo Pera et Richard Lietz chez Manthey continuent d’empiler les podiums mancels comme d’autres enchaînent les track days, avec une science du trafic et des pneumatiques qui ne s’invente pas.
Les abandons disent aussi quelque chose du niveau d’engagement. La Cadillac Whelen n°311 s’arrête sur problème de transmission après 247 tours, la Cadillac Wayne Taylor n°101 sur problème moteur, la McLaren 720S GT3 n°95 sur transmission… Sur ma 996, quand un roulement IMS commence à chanter, la plupart des clients préfèrent ne pas entendre. Ici, au Mans, on ne laisse rien passer : la moindre vibration suspecte et l’ingé se pose la question de rentrer. Les équipes qui forcent trop la mécanique finissent souvent dans la colonne « Abd. » du classement, et les fiches de coûts derrière ne font pas rire.
Côté faits insolites, l’abandon de la BMW M4 GT3 n°31 du The Bend Team WRT pour « dégâts consécutifs à une collision avec un lapin » est typique des courses d’endurance sur des circuits semi-permanents. Les animaux sur la piste, on en parle peu, mais dans les briefings de nuit, c’est un sujet réel. Un choc à 250 km/h sur un animal, même petit, peut facilement abîmer un radiateur, un splitter ou un faisceau sensible.
Autre épisode marquant, mais hors WEC, la colère de Gino‑Generoso Forgione en Road to Le Mans, qui sort de sa Ferrari après un accrochage et se met à frapper la voiture adverse. Ce genre de comportement n’a rien à faire sur un circuit, encore moins dans un environnement aussi exposé médiatiquement. Mon avis sec : suspension longue durée, voire exclusion des séries ACO si l’enquête confirme l’ensemble des faits. Quand on met 60 voitures et plus en piste sur 13,6 km, on a besoin de pilotes qui savent gérer la frustration.
Pour replacer ces histoires dans une perspective plus large, un coup d’œil à l’historique des drames mécaniques, comme les casses moteurs sur les Porsche de 1997 à 2005 que j’ai déjà disséquées dans un article dédié, permet de voir à quel point la fiabilité a progressé. Le Mans reste brutal, mais les écarts entre « voiture indestructible » et « piège à moteur » se sont réduits, surtout depuis la professionnalisation complète des programmes GT3 et LMP2.
Innovations, ambiance et ce que prépare l’endurance pour la suite
Au-delà du résultat brut, cette édition 2025 des 24h du Mans s’est jouée dans un contexte très orienté vers l’avenir. Le Village H2, par exemple, n’était pas seulement un stand marketing. Entre la Toyota GR LH2 Racing Concept propulsée à l’hydrogène liquide, les démonstrations de bus et vélos à pile à combustible, et la présence renforcée de Mission H24, l’ACO continue de poser Le Mans comme laboratoire de mobilité. Vous me direz : pourquoi en parler quand on vient chercher du V8 qui hurle à 8 000 tr/min ? Parce que c’est précisément ce mélange de V6 bi-turbo hybrides, de V12 atmosphériques et de prototypes H2 qui garantit la survie de la discipline.
Genesis Magma Racing a profité de la semaine pour dévoiler la maquette grandeur de sa future hypercar GMR-001, développée en LMDh avec Oreca, et motorisée par un V8 bi-turbo dérivé des programmes Hyundai WRC. L’info à retenir, c’est surtout que les constructeurs qui n’étaient pas historiquement associés à l’endurance viennent maintenant y mettre des budgets sérieux. Quand une marque premium coréenne se pointe avec un châssis Oreca, un V8 costaud et des noms comme Lotterer au développement, on voit tout de suite que le WEC 2026-2027 ne sera pas moins dense que 2025.
McLaren, de son côté, annonce un retour programmé pour 2027 avec un proto LMDh construit par Dallara, V6 bi-turbo hybride, en partenariat avec United Autosports. Pour qui suit la marque depuis la 650S GT3, la logique est limpide : revenir au Mans, c’est boucler la boucle commencée avec la F1 GTR dans les années 90. Et ce n’est pas un hasard si un programme client « Project: Endurance » est prévu en parallèle, histoire d’alimenter aussi des équipes privées.
Sur le plan purement sportif, le Mustang Challenge et le Road to Le Mans ont renforcé l’ambiance globale, avec des plateaux fournis en GT3 et LMP3. Le Mustang Challenge, notamment, a vu Cameron McLeod empiler deux victoires depuis la pole, pendant que des noms connus comme Tanner Foust allaient chercher des trophées en catégorie Stars. C’est ce type de courses-support qui forme une nouvelle génération de pilotes à l’endurance, avec des voitures moins pointues mais déjà lourdes, rapides et exigeantes en termes de gestion des freins et des pneus.
Enfin, une note sur l’ambiance dans les tribunes : 332 000 spectateurs, un record. Entre les fans historiques qui viennent depuis l’époque des 956 et les familles qui découvrent l’épreuve, la sensation générale reste la même : une sorte de festival mécanique qui dure une semaine entière, avec des démos, des expositions, des annonces constructeurs et, en toile de fond, ces 24 heures qui continuent d’aimanter tout le reste. Bref, si l’endurance se cherche parfois une place médiatique face à la F1, Le Mans 2025 a prouvé qu’à l’échelle d’un week-end, la Sarthe reste le centre de gravité du sport auto mondial.
Le point crucial pour la suite sera de voir comment la FIA et l’ACO ajustent la BoP pour conserver ce fragile équilibre LMH / LMDh, tout en intégrant de nouveaux entrants comme Genesis ou McLaren. Ce qui est sûr, c’est que si toutes ces promesses se confirment, les prochaines éditions pourraient ressembler à une sorte de « super-saison » permanente, où chaque marque vient se mesurer sur un terrain qui ne pardonne rien.
Qui a remporté les 24h du Mans 2025 au classement général ?
L’édition 2025 des 24h du Mans a été remportée par la Ferrari 499P n°83 engagée par AF Corse, pilotée par Robert Kubica, Ye Yifei et Phil Hanson. L’équipage a bouclé 387 tours et devancé la Porsche 963 n°6 de Porsche Penske Motorsport de 14,084 secondes au terme de la course auto de 24 heures.
Quels sont les principaux résultats par catégorie en 2025 ?
En Hypercar, la Ferrari 499P AF Corse n°83 s’impose devant la Porsche 963 n°6. En LMP2, la victoire revient à l’Oreca 07 n°43 d’Inter Europol Competition (Śmiechowski / Dillmann / Yelloly). En LMGT3, la Porsche 911 GT3 R Manthey 1st Phorm n°92 (Hardwick / Pera / Lietz) gagne devant la Ferrari 296 GT3 Vista AF Corse n°21 et la Corvette Z06 GT3.R TF Sport n°81.
Comment s’est déroulée la course et quels ont été les moments clés ?
Le départ a été donné à 16 h par Roger Federer sur piste sèche. La Porsche 963 n°5 a pris les commandes au début, avant que les Ferrari 499P ne s’installent progressivement en tête. Vers la 7e heure, la Ferrari n°83 passe devant, puis une relance sous safety car et un tête-à-queue de la n°51 au virage des stands redistribuent les cartes. La Porsche n°6 remonte en fin de course, mais la n°83 garde l’avantage jusqu’à l’arrivée après 24 h d’endurance.
Quelles innovations techniques ont marqué l’édition 2025 ?
L’édition 2025 a vu l’inauguration du Village H2 dédié à l’hydrogène, la présentation du prototype Toyota GR LH2 Racing Concept à hydrogène liquide, la révélation de l’hypercar Genesis Magma GMR-001 en LMDh et l’annonce du futur prototype McLaren LMDh attendu pour 2027. Michelin a aussi introduit une nouvelle génération de pneus endurance et la FIA/ACO ont ajusté la Balance of Performance pour harmoniser les performances entre LMH et LMDh.
Pourquoi la Ferrari n°50 a-t-elle été disqualifiée après la course ?
La Ferrari 499P d’usine n°50, qui avait initialement franchi la ligne en quatrième position, a été disqualifiée en contrôles techniques post-course. Les commissaires ont relevé une déflexion excessive de l’aileron arrière ainsi qu’un problème de fixation (absence d’une vis), ce qui constitue une infraction au règlement technique. La voiture est donc retirée du classement officiel.



